Les travaux menés dans le cadre de cet axe s’inscrivent dans une longue tradition de recherche reposant sur une activité de terrain soutenue, génératrice de données nouvelles et de renouvellement des problématiques. Les nombreuses fouilles programmées menées par des membres de l’équipe constituent à ce titre un socle autour duquel de nombreux travaux universitaires sont menés, tandis que les opérations d’archéologie préventive génèrent une information dont l’importance va grandissant, tant en raison de la vision élargie qu’elle offre sur certains secteurs géographiques qu’en raison de la tenue de quelques grosses opérations portant sur des habitats groupés d’ampleur.

L’habitat languedocien « protohistorique » (au sens large du terme, du Néolithique à la fin du second âge du Fer) est ici envisagé dans toute sa diversité, à la fois géographique, morphologique et chronologique. Les problématiques sont en effet multiples, compte tenu des évolutions qui se font jour au sein des cultures qui se sont succédées dans le sud de la France au cours des trois derniers millénaires avant notre ère. Ces évolutions tendent à s’accélérer et à devenir plus sensibles à partir du premier âge du Fer, phénomène qu’il faut en partie mettre au compte de l’impact des contacts établis avec les civilisations classiques méditerranéennes.

 

 

Dans une optique de confrontation entre dynamiques internes et sollicitations externes, des questions aussi essentielles que l’évolution de l’habitat en lien avec le phénomène de proto-urbanisation sont traitées à travers une approche croisée des différents types de sites, porteurs de problématiques synonymes d’approches complémentaires.

Pour la période comprise entre le Bronze final IIIb et la fin du second âge du Fer, la question de l’habitat groupé est bien évidemment au cœur de cette réflexion et les travaux menés s’inscrivent dans la continuité des recherches conduites antérieurement sur ce qu’il est convenu d’appeler les « oppida ». En revanche, depuis plusieurs années déjà, le choix a été fait de mettre l’accent sur l’étude d’une catégorie bien particulière de site, à savoir les établissements littoraux. Ces derniers sont en effet des lieux d’étude privilégiés permettant de saisir la nature ainsi que l’ampleur des phénomènes d’évolution liés aux contacts avec la Méditerranée. Cette orientation explique l’importance des programmes de terrain liés aux fouilles programmées conduites par les chercheurs de l’équipe (Le Cailar, Lattara, Pech Maho, La Monédière), ainsi que le réexamen de sites anciennement fouillés (Le Moulin à Peyriac-de-Mer).

Le cas particulier des établissements coloniaux est quant à lui abordé à travers le site d’Olbia de Provence. Pour l’époque hellénistique, cette fondation massaliète constitue un référent indispensable, permettant de mettre en avant les spécificités du monde colonial grec.

L’étude des habitats groupés indigènes de l’hinterland ainsi que de l’arrière-pays plus lointain témoigne quant à elle une diversité d’approche selon les secteurs géographiques embrassés par l’équipe. Toujours dans la lignée des travaux antérieurs, plusieurs bilans ont été initiés, notamment liés à la publication de fouilles anciennes menées sur des oppida languedociens, tandis que d’autres opérations de terrain et programmes de publication contribuent à renouveler les problématiques liées à certains secteurs bien définis du Languedoc (Cayla de Mailhac ; Mourrel-Ferrat à Olonzac) ou du Roussillon (Ruscino). Dans le même temps, impliquant à des degrés divers les membres de l’équipe) des programmes importants sont développés dans ces zones périphériques que constituent l’Aveyron (Puech de Mus), l’Ardèche ou encore le Vaucluse (Mourre-de-Sève) ; combinant les apports des fouilles programmées et préventives, ces travaux mettent en perspective de manière pertinente les recherches menées sur la frange méditerranéenne. La Corse enfin, constitue un nouveau terrain d’étude (Cuciurpula), tout autant que le nord-est de la Péninsule ibérique (Ullastret) et même l’Afrique du nord (Rirha).

La question des fortifications est intimement liée à celle de l’habitat groupé. Longtemps délaissée, elle a été à nouveau abordée comme conséquence des travaux menés sur les habitats de l’aire languedocienne, oppida de l’intérieur et sites littoraux.

Les travaux d’archéologie préventive sont à l’origine d’avancées significatives concernant ce qu’il est convenu d’appeler l’habitat rural. Installations de plaine, habitats dispersés, réseaux, sont autant de problématiques indissociables du regard porté sur les habitats groupés. Ces travaux interagissent logiquement avec ceux développés dans le cadre de l’équipe TesAm.

Un autre volet important des travaux de l’équipe, qui une fois encore s’inscrit dans une longue tradition de recherche au sein d’ASM, concerne l’architecture, prise dans un sens large, prenant en compte à la fois les techniques de construction (avec une attention toute particulière donnée aux architectures en terre) et les modalités d’occupation de l’espace domestique.