La recherche sur les cultures matérielles, constituants la source documentaire principale pour la préhistoire et la protohistoire, fonctionne de toute évidence en synergie avec les autres axes développés au sein de l’équipe. Elle concerne des artefacts de toute nature, céramique, métal, mais aussi industries lithiques et osseuses, sur un arc chronologique allant du Néolithique à la fin de l’âge du Fer. L’analyse typologique reste une pratique incontournable, visant à l’affinement des chronologies et la définition de styles et faciès de nature géographique, culturelle ou fonctionnelle. Elle sert également de socle au développement d’autres approches concernant les techniques de production ou encore la fonction des objets. Les notions de transferts et d’échanges de matière première, de produits ou de savoirs faire sont également au centre des problématiques traitées. En arrière-plan, ce sont donc les dimensions sociales et économiques des sociétés qui sont analysées au travers de leur consommation et de leurs productions de biens matériels.


Le mobilier céramique ainsi que le petit mobilier constituent des objets d’étude privilégiés et la réactualisation du DICOCER ainsi que la formalisation de DICOBJ, dans le cadre du programme SIA du Labex « ARCHIMEDE », sont notamment au cœur des actions menées. Elle comprend une révision des données typo-chronologiques et des classements existants pour plusieurs catégories de mobiliers de l’âge du Fer. Un élargissement chronologique de l’outil vers le Néolithique final et l’âge du Bronze est également en cours. De même, l’espace géographique pris en compte vise à s’étendre à d’autres territoires méditerranéens.
Ces recherches s’appuient en majeure partie sur les fouilles de l’équipe, actuelles ou récentes, mais aussi sur la reprise de collections anciennes, parfois restées inédites. Les habitats du Néolithique final méridional constituent un premier terrain d’étude privilégié. Les travaux sur l’âge du Bronze concernent des recherches de synthèses menées en France méridionale et en Corse, alimentées par les découvertes de l’archéologie préventive, mais aussi par les fouilles programmées menées au sein de l’équipe, sur les établissements lagunaires notamment. Les faciès mobiliers des comptoirs littoraux de l’âge du Fer représentent également une thématique forte de l’équipe, issue d’une longue tradition de recherche, mais les habitats de l’arrière-pays ne sont pas pour autant négligés.
En complément des études techniques et stylistiques du mobilier céramique, les problématiques liées à leur fonction et fonctionnement sont également développées. Elles concernent les pratiques de consommation quotidiennes ou à caractère exceptionnel, collectif ou rituel, par l’étude de la composition des assemblages de céramiques de cuisine et de consommation, des services funéraires, mais également par l’analyse des résidus organiques et des traces d’utilisations des récipients néolithiques.
Les objets en matières dures animales sont également la cible de travaux spécifiques sur leurs modes de production, consommation et utilisation par l’intermédiaire d’études typologiques, technologiques et fonctionnelles. Ils concernent principalement le Néolithique de France méridionale et l’âge du Bronze d’Italie du Nord.
Le mobilier métallique n’est pas en reste avec la mise en œuvre du DICOBJ (Dictionnaire du petit mobilier) dans le cadre du programme « Syslat Horizon 2020 ». Des travaux sont notamment en cours sur les dépôts d’objets en bronze du midi de la France et sur le phénomène Launacien du début de l’âge du Fer. Ces contextes cristallisent les problématiques inhérentes aux objets en métal et permettent de s’interroger aussi bien sur leurs modalités de production et de recyclage que sur leur origine, voire sur leur dimension symbolique.
La question des échanges est également au cœur des problématiques développées, en lien avec l’axe 5 portant sur les interactions méditerranéennes. Elle occupe naturellement une place centrale dans l’étude des mobiliers issus des comptoirs de l’âge du Fer, dans le contexte du développement des colonisations et du commerce archaïque. Mais l’identification de réseaux d’échanges, parfois à longue distance, concerne également les sociétés du Néolithique et de l’âge du Bronze, avec l’existence de phénomènes à large portée géographique comme le Campaniforme. Cet élargissement chronologique de la problématique s’accompagne de la mise en œuvre d’une réflexion sur la nature des mobilités et des contacts pendant ces périodes.