Égypte Nilotique et Méditerranéenne

Directeur : Sébastien Biston-Moulin, Ingénieur de recherche CNRS

Ce qui fut naguère l’URA 1068 du CNRS, puis l’UMR 5052 (« Religions et Société de l’Égypte tardive ») et enfin la FRE 2742, constitue, depuis le 1er janvier 2007, une composante du laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes (UMR 5140), placée sous les tutelles du Centre National de la Recherche Scientifique (INSHS), de l’Université Paul-Valéry, Montpellier et du Ministère de la Culture et de la Communication.

 

L’équipe d’égyptologie de Montpellier (Égypte Nilotique et Méditerranéenne ENIM) est dotée d’un centre de documentation (bibliothèque et archives) constitué grâce à l’acquisition des fonds de Raymond Weill (1874-1950) et d’Alexandre Piankoff (1897-1966) et le legs de la bibliothèque orientaliste et classique de François Daumas, lui même héritier de la bibliothèque et de l’œuvre scientifique d’Émile Chassinat (1868-1948). La bibliothèque comporte plus de 30000 titres, ce qui en fait une des plus importantes bibliothèques spécialisées en égyptologie au monde, elle est actuellement gérée par Jérôme Gonzalez, ingénieur d’études, assisté de Romain Roquelaure, documentaliste vacataire (elle est accessible aux étudiants de l’Université Paul-Valéry, Montpellier, à partir du Master I, aux professionnels ainsi qu’à des amateurs sous certaines conditions).

Engagée sur différentes opérations archéologiques en Égypte, l’équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne (ENIM), grâce aux axes de spécialisation de chacun de ses membres, développe des programmes de recherche et assure des formations universitaires dans l’ensemble des champs majeurs de l’égyptologie : égyptien ancien, classique, néo-égyptien, démotique et copte, textes funéraires (Textes des Pyramides, Textes des Sarcophages, Livre des Morts, compositions funéraires tardives), textes littéraires, magiques et médicaux, documentaires et légaux, région memphite, temples de Karnak, période amarnienne, religion et histoire de l’Égypte tardive, ptolémaïque et romaine, paléographie hiéroglyphique, lexicographie.

Par ailleurs, le laboratoire d’excellence ArcHiMedE finance plusieurs programmes scientifiques dirigés par des membres de l’équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne (ENIM).

 

Directeur de l’équipe : Sébastien Biston-Moulin, Ingénieur de recherche CNRS

 

Les membres de l’équipe ENiM  

Sébastien BISTON-MOULIN, Ingénieur de recherche (CNRS), responsable de l’équipe ENiM

Marc GABOLDE, Professeur (UPVM) en délégation CNRS au CFEETK (USR 3172)

Annie GASSE, Directeur de recherche émérite (CNRS)

Jérôme GONZALEZ, Ingénieur d’études (UPVM), responsable de la bibliothèque d’égyptologie

Sylvie LEMEULLE, Assistant ingénieur (CNRS)

Bernard MATHIEU, Professeur (UPVM)

Stéphane PASQUALI, Maître de conférences (UPVM)

Isabelle RÉGEN, Ingénieur de recherche (UPVM)

Jérôme RIZZO, Maître de conférences (UPVM)

Frédéric SERVAJEAN, Professeur (UPVM)

Christophe THIERS, Directeur de recherche (CNRS)  

Collaborateurs scientifiques

Edwin Dalino (programme VÉgA)

Romain Ferreres (programme VÉgA)

Julie Lafont (programme VÉgA)

Margarita Danilova(programme VÉgA)

Chiara Salvador (programme Projet Karnak)

Doctorants

 
Depuis 2021

Noémie FATHY, Le haut clergé d’Amon à Karnak à la XVIIIe dynastie (env. 1550-1290 av. n.è.) : essor, stratégie sociale et pouvoir des élites (dir. Fr. Servajean, contrat doctoral LabEx ARCHIMEDE)

Le haut clergé d’Amon est constitué d’un grand prêtre, subordonné a ce supérieur se trouve les hauts prêtres, c’est à dire les deuxièmes, troisièmes et quatrièmes prophètes d’Amon. Le haut clergé d’Amon apparaît pour la première fois dans l’histoire de l’Égypte, à la XVIIIe dynastie. L’objectif de cette thèse est de reconstituer la carrière des membres du haut clergé d’Amon, leurs rôles et fonctions en se basant sur leurs titulatures, les éventuels processus de népotisme, ainsi que les relations matrimoniales. De ce fait, les modes de transmissions des fonctions seront abordés. De même, l’examen porté sur les généalogies de ces individus appréhendera la répartition des membres d’une même famille au sein de la société. Enfin, l’étude des liens sociaux entre les différentes familles élitaires de la XVIIIe dynastie permettront de reconstituer le processus qui a mené à l’essor du haut clergé d’Amon. Ainsi, la question des femmes et plus particulièrement des mères et du rôles qu’elles jouent dans l’accès au grand sacerdoce sera abordé. Ce travail exige le dépouillement d’une documentation extrêmement variée présentant des inscriptions (papyrus, stèles, graffiti, statues, objets divers, parois de tombes, inscriptions de temples).

Edson POIATI FILHOL’abstraction et les noms composés en égyptien, (dir. B. Mathieu, contrat doctoral École Doctorale ED 60)

« Marqueurs d’abstraction », c’est ainsi que nous appelons certains « mots-préfixes » dont la fonction est de former des noms composés exprimant des notions abstraites en égyptien. Il s’agit souvent de néologismes qui apparaissent dans les autobiographies, les Enseignements ou autres compositions littéraires. Cette thèse envisage d’aborder ces formations lexicales de façon exhaustive et de répondre aux diverses problématiques qui les concerne : le rôle de ces mots dans la construction d’un espace hiérarchique, le lexique spécialisé comme outil pour traduire et importer des concepts étrangers, les raisons de la persistance d’un mode de production lexicale sur un temps long, à travers différents états de langue.

Depuis 2020

Louisa BEN HAMIDALe culte royal à Karnak jusqu’à la fin de la XVIIIe dynastie (dir. M. Gabolde, contrat doctoral CNRS)

Le grand temple d’Amon-Rê Karnak est un temple divin, consacré au culte d’un dieu majeur, Amon-Rê, synthétisé à l’aube du Moyen Empire (XIe dynastie) et dont le culte a été largement étudié jusqu’ici. Cependant, Karnak apparaît de plus en plus avoir également été un centre de culte royal. Cet aspect a été peu mis en lumière et étudié tant Amon-Rê et ses liturgies sont omniprésents. Or, la question qui se pose désormais est celle de savoir si le culte royal a été consubstantiel à la théologie élaborée et développée par les théologiens thébains du Moyen et du Nouvel Empire ou non. L’étude se concentrera sur une période allant du début de l’histoire religieuse de Karnak au Moyen Empire à la fin de la XVIIIe dynastie, et aura pour objectif de définir et d’étudier les lieux où pouvait s’exercer le culte royal, les supports de culte et la nature du culte royal.

Christine GHALILes titulatures royales de la XIXe dynastie (dir. Fr. Servajean, contrat doctoral LabEx Archimede) 

Le dernier roi de XVIIIe dynastie, Horemheb, sans descendance masculine qui puisse faire perdurer la dynastie, délégua le pouvoir à Ramsès Ier qui devint le fondateur de la XIXe dynastie. Singulièrement, les noms royaux, également appelés protocoles royaux ou titulatures royales, de cette période dite ramesside, très connue par les égyptologues, n’ont fait l’objet d’aucune étude approfondie. Il s’agit donc de les étudier en ayant recours à une analyse historique qui justifierait le choix de certains noms et une autre, morphologique, qui expliquerait leur structure. On examinera les traditions que ces rois ont conservées des protocoles antérieurs, les innovations qu’ils y ont apportées et leur influence sur la postérité. Cette recherche devrait servir d’outil de travail indispensable aux chercheurs de l’époque ramesside, du moins de la XIXe dynastie, puisqu’elle mettra à jour les différents recueils des noms en en éliminant tous les pseudoprotocoles.

Laure KLEINLes dieux mis en avant par les Ramessides, étude d’une structuration religieuse, politique et géographique du panthéon par les pharaons des XIXe et XXe dynasties (dir. Fr. Servajean, contrat doctoral LabEx Archimede)

L’étude qui va être réalisée pendant ces années de thèse se portera sur les pharaons des XIXe et XXe dynasties et sur tous les dieux qui seront mis en exergue par ces souverains. Le but de cette étude est de comprendre d’une part comment une mise en avant de divinités s’articule : quels sont les moyens et les supports employés, comment elle se diffuse, ce qu’elle signifie et implique ; et d’autre part l’impact qu’un choix de dieux peut avoir d’un point de vue géographique et politique, quels sont les divinités choisies et pourquoi ce choix ? Les dieux étant des structurantes géographiques, le choix de l’un ou plusieurs d’entre eux laisse entrevoir une certaine redéfinition des espaces de pouvoir, voire d’un programme politique de pharaon.

Anaïs MONTOTO SOTOPratiques et dispositifs de solidarité dans la société de l’Égypte ancienne de l’Ancien au Nouvel Empire (dir. B. Mathieu, contrat doctoral LabEx Archimede) 

La « solidarité » et la « justice sociale » sont des notions actuelles qui se retrouvent dans le concept égyptien de maât. En effet, dans différents types de documents égyptiens tels que les autobiographies ou encore les textes littéraires, parmi lesquels nous retrouvons les Enseignements, ce concept est mis en avant. Nombre d’analyses de la notion de maât existent de nos jours, cependant, aucune synthèse sur la façon dont la solidarité a été mise en place dans la société égyptienne n’existe encore. Cette thèse cherche à définir cette mise en place, tout en recensant les catégories d’individus les plus défavorisés et les jeux de réciprocité dans ce dialogue de « couches » sociales. Pour ce faire, la documentation égyptienne fournira le lexique des catégories bénéficiaires de ces dispositifs afin de le définir. Les différents documents seront, aussi, confrontés pour une analyse approfondie des dispositifs et des pratiques de la solidarité dans la société pharaonique.

Depuis 2019

Sami AOUINA, Iconographie, organisation spatiale et architecturale des décors de l’époque d’Amenhotep IV/Akhenaton d’après les talatat du môle ouest du IXe pylône à Karnak (Égypte) (dir. M. Gabolde)  

Le règne singulier d’Amenhotep IV/Akhenaton est marqué par l’émergence d’un culte solaire exclusif et radical centré sur le globe Aton. Les premières manifestations de cette dévotion particulière se situent à Karnak, dans l’enceinte cultuelle du dieu Amon-Rê où le pharaon a érigé différents temples destinés à accueillir les pratiques cultuelles du roi envers sa divinité. Hormis quelques vestiges encore en place ayant permis de mettre en évidence la présence de temples amarniens dans cette enceinte, les talatat, petits blocs de grès aux dimensions standardisées, parfois imagées et ayant été utilisées pour l’élévation de ces architectures, forment les rares témoins pouvant encore permettre de documenter ces structures et le rôle joué par celles-ci dans l’affirmation du pouvoir royal. L’examen de ces documents au travers d’assemblages des blocs fournit ainsi de nombreuses données d’ordre historique, architectural, épigraphique ou politique. L’organisation des assemblages dans l’espace permettra une meilleure compréhension de l’iconographie dans sa globalité et des implications politique et religieuse de ces édifices.

Livia BERGEROT, Bès, du prototype à l’archétype. Formes et fonctions d’un dieu (dir. M. Gabolde)  

Bien que relevant du panthéon égyptien, l’entité divine que l’on nomme génériquement « Bès » ne possède ni généalogie propre, ni mythe constitué et aucun temple ne semble lui avoir été consacré. Pour autant, à partir du Nouvel Empire, sa notoriété ne cesse de croître et résiste un certain temps face à l’Église chrétienne. Avant sa bestialité léonine, c’est surtout sa frontalité qui captive car ce mode de représentation se pose comme une exception à la règle générale de latéralité qui régit tant l’écriture hiéroglyphique que le dessin bidimensionnel. L’image frontale semble s’adresser à qui la contemple et place Bès en interaction directe avec le dévot. Sa dimension divine devait être accessible et compréhensible par tous sans qu’il soit nécessaire de maîtriser la langue ou l’écriture égyptiennes, car si les Égyptiens aimaient faire parler leurs dieux, Bès reste indéniablement à distance de l’écrit. Sa richesse réside dans le fait qu’il est une divinité plurielle en constant mouvement – au propre comme au figuré –, aux champs d’action mouvants et aux expressions changeantes. Par ailleurs, même s’il est peu présent dans la littérature égyptienne, il convient de rappeler que texte et image sont indissociables dans l’Égypte antique, et en ce sens, nombreuses sont les images de Bès à être prometteuses. Une enquête comparative permettra d’aborder l’iconographie de Bès comme prototype dans son territoire égyptien, mais également sur un périmètre géographique plus large où, devenu archétype, il symbolise une image universelle relevant d’une piété tant individuelle que collective et se concrétisant dans les mythes des civilisations en contact avec l’Égypte. Ce travail conduira donc, d’une part à mieux cerner les fonctions de Bès dans le paysage cultuel égyptien, et d’autre part à réfléchir à la manière dont les populations se sont appropriées cette divinité malgré l’existence, dans leur propre pays, de divinités analogues.

Lassana CAMARA, Les représentations de navires au Nouvel Empire (dir. F. Servajean)

Les navires ont joué un rôle déterminant dans le développement de la civilisation de l’Égypte pharaonique. Au Nouvel Empire (env. 1540-1070 av. J.-C.), la construction navale a connu un essor remarquable. C’est pourquoi durant cette période, on peut observer une abondance des scènes relatives aux navires sur les parois des tombes et temples dans les nécropoles de Thèbes, de Tell el-Amarna, d’el Kab, etc. Bien que notre étude se focalise sur le Nouvel Empire, on a trouvé des vestiges d’un bateau dans le port de Ouadi el-Jarf et des éléments de navires dans des galeries sur les côtes de la mer Rouge (Ayn Soukhna, Mersa Gaouasis) qui remontent respectivement à l’Ancien et au Moyen Empire. Ces trouvailles archéologiques permettent d’éclairer notre étude. Le but principal de ma thèse consistera à analyser aussi bien les figurations que les constructions réelles afin de distinguer les bateaux qui naviguent sur les eaux douces et sur la mer c’est-à-dire sur quel(s) élément(s) doit-on s’appuyer pour montrer que le navire est construit pour être adapté au milieu dans lequel il doit naviguer ? Il s’agit également d’étudier les fonctions des bateaux pour distinguer ceux qui sont profanes (pêche), utilisés pour le rituel funéraire, le commerce, la guerre, le pèlerinage, le transport des personnes, du bétail et d’obélisques. Enfin, l’architecture navale c’est-à-dire le fonctionnement de chaque partie du navire ainsi que les différentes techniques de construction navale (bordé premier, couple premier) attirent notre attention.

Louis DAUTAISL’Egypte et le monde égéen (XVIIe-XIIe s. av. n.è.) : une approche globale et diachronique de leurs interactions (dir. M. Gabolde, contrat doctoral IFAO)

Séparés par la « sombre mer » d’Homère (Odyssée, XIX), l’Égypte pharaonique et le monde égéen protohistorique sont en relation depuis le IIIe millénaire av. n. è. A partir du XVIIe s. av. n. è., dans le contexte particulier de l’émergence et du développement des grandes puissances de la Méditerranée orientale, ces relations se font plus fréquentes et directes jusqu’à l’effondrement de ce « système international » au cours du XIIe s. av. n. è. Ce projet de recherches ambitionne de définir et d’expliquer la nature polymorphe des interactions entre Égéens et Égyptiens replacées dans leurs contextes historiques selon une perspective diachronique. Pour ce faire, nous recenserons, analyserons et confronterons les différentes sources textuelles, visuelles et matérielles disponibles. Ces dernières s’inscriront dans une base de données qui pourra non seulement être mise à jour au fur et à mesure des nouvelles découvertes, mais aussi visualisée sous forme de cartes synthétiques via un SIG. Ce projet souhaite aussi s’ouvrir aux grilles de lecture de l’anthropologie sur la question des échanges culturels. Cette approche interdisciplinaire esquissera ainsi une vision bilatérale de l’histoire des relations égéo-égyptiennes sur six siècles. Les idées et les techniques autant que les hommes circulent au sein du bassin méditerranéen, suivant des routes maritimes particulières : sillonnées par les Égéens et les Égyptiens, leur tracé et leur nature exacts devront être discutés. Souhaitant dépasser la seule synthèse des données, nous porterons un nouveau regard par une enquête globale et diachronique sur ces interactions polymorphes.

Mallaury GUIGNER, Le corps du roi. Formes et enjeux de la réorganisation de l’administration pharaonique à la Ve dynastie (env.2500-2350 av. n. -è) (dir. B. Mathieu, contrat doctoral LabEx Archimede)  

La thèse a pour objectif principal de déterminer quelles étaient les fonctions effectives, des détenteurs de charges liées aux soins du corps du roi de l’Ancien Empire: coiffeurs, barbiers, dentistes, manucures. Le rôle de ces dignitaires, qui semblent se substituer aux « fils royaux », témoigne en effet d’une profonde réorganisation administrative qui donne sa pleine mesure sous le règne de Nyouserrê. L’enquête prosopographique et l’étude des tombeaux de ces individus permet d’analyser ce phénomène. Contemporaine de la diffusion du dogme osirien, dont le motif du corps recomposé est un élément majeur, cette réorganisation reflète vraisemblablement une construction idéologique de type « organiciste », qui associe ou assimile le corps du roi au corps social.

Depuis 2018

Raphaël CAVASIN, Les dieux de l’Egypte pharaonique hors d’Egypte (dir. F. Servajean)  

Ce projet de thèse a pour objet d’explorer les relations qui existent entre les dieux égyptiens et l’étranger au sens large, tout au long des dynasties pharaoniques. L’étude des toponymes extérieurs à l’Egypte auxquels est associé un grand nombre de divinités pharaoniques est l’occasion de dresser un état des lieux documentaire de la question.  Ainsi, le questionnement des fluctuations irrégulières de l’étendue de l’emprise territoriale des dieux sur le monde connu des anciens Égyptiens offre l’occasion d’interroger les phases majeures de ce processus d’appropriation spatiale.

Marianne PINONLes fêtes-sed d’Amenhotep III (dir. M. Gabolde)

« Les fêtes-sed ou fêtes jubilaires sont attestées en Égypte Ancienne dès le début du IIIe millénaire av. J.-C. La première de ces fêtes est généralement célébrée au passage de la 30e année de règne du souverain. Elle peut être succédée d’autres fêtes tous les 2 à 4 ans. Le choix du moment de ces célébrations semble être lié à la date anniversaire du couronnement. Amenhotep III régna 34 ans au cours du XIVe siècle av. J.-C. Il célébra trois fêtes jubilaires. La première au passage de l’An 29 à l’An 30 de son règne, la deuxième au passage de l’An 33 à 34 et la dernière au passage de l’An 36 à 37. Le but de cette étude est de définir les lieux, le déroulement et les enjeux de chacune des fêtes jubilaires d’Amenhotep III grâce à des inscriptions officielles, des témoignages de contemporains et des données économiques ».

Jean-Baptiste POUSSARDLa Réforme osirienne. Recherche sur les modes de diffusion d’un nouveau dogme, de l’Ancien au Nouvel Empire (dir. B. Mathieu, contrat doctoral École Doctorale ED 60)

« Osiris, connu pour être le « dieu des morts » des anciens Égyptiens, est une figure paradoxale. On le connaît depuis l’Antiquité et il n’est pas rare de le rencontrer de nos jours dans les médias les plus divers. Pourtant, malgré des sources abondantes et des travaux réguliers le concernant, on ignore presque tout des mécanismes d’élaboration et de diffusion de son dogme, qui connut une expansion fulgurante à travers le pays dès la Ve dynastie (vers 2450 av. n.è.). Dans les sociétés antiques, religion et politique sont généralement intimement liées. L’un des modes de gouvernement peut résider alors dans la création de Réformes religieuses par le pouvoir en place. La Réforme osirienne est l’une d’entre elles et semble avoir été élaborée afin d’unifier l’ensemble de la société égyptienne autour de modèles de référence et de nouvelles croyances, tout en légitimant l’autorité en place. En appliquant une lecture politique aux corpus dits « religieux » de l’Égypte ancienne, cette thèse s’organisera autour de deux grands axes de recherche : l’expansion géographique de la Réforme osirienne, et ses modalités d’intégration ».

Depuis 2017

Amel BOUHAFSLes objets égyptiens et égyptisants de Byblos/Jbeil (Liban) contextualisation et significations. (env. -3000 à l’époque gréco-romaine) (dir. M. Gabolde)

« Cette recherche, faisant suite à deux ans de master, étudiera toute la documentation égyptienne et égyptisante mises au jour à Byblos. La contextualisation permettra d’observer l’apparente constance des échanges entre la cité et l’Egypte, puis de mettre en corrélation documents textuels et preuves archéologiques, et de déterminer leur(s) évolution(s). Un tel sujet incite également à étudier tous les aspects possibles entre ces deux « entités » : économique, social, culturel, religieux, funéraire etc., tout en portant notre intérêt sur deux mondes avec lesquels l’Egypte n’aura jamais cessé d’être en contact : l’Anatolie et la Mésopotamie. A terme, ce travail devrait apporter des réponses sur les phénomènes de supposée acculturation des peuples sous influence égyptienne et clarifier la vision des rapports de l’Egypte avec ses voisins proche-orientaux ».

Kevin BIRINÉtude économique du Nouvel Empire égyptien : métrologie, organisation des échanges, flux et systèmes, » (dir. M. Gabolde)

« L’économie pharaonique, objet d’étude depuis les années 1970, est encore marquée par de nombreuses zones d’ombres et idées qui persistent. Ainsi, l’objet de ce projet de thèse est de contribuer à une meilleure compréhension de l’économie pharaonique. En effet, alors que l’histoire, la religion et la littérature sont des domaines de prédilections pour bon nombre de chercheurs, un petit nombre de chercheurs ceux sont intéressés à la question économique. Jusqu’à présent deux courants se sont opposés : d’un côté les ‘primivistes’, proposant de voir une économie de subsistance fondée sur le troc et la redistribution étatique ; de l’autre les ‘modernistes’, défendant l’idée d’une économie fondée sur les principes des ‘lois du marché’. Ce projet de thèse tentera de concilier ces deux courants opposés en proposant une hypothèse intermédiaire. Basée sur les procédés mathématiques et l’analyse des contre-valeurs, cette thèse permettra de s’interroger pleinement sur la nature de l’économie au Nouvel Empire ».

Vladimir BOLSHAKOF, Statut, rôle et implication rituelle des reines dans le cadre d’idéologie royale (d’après les sources iconographiques et épigraphiques du Nouvel Empire), (dir. M. Gabolde)  

Gwenaëlle RUMELHARDUne théorie du pouvoir dans l’Égypte ancienne. Analyse de la notion de baou de l’Ancien Empire au Nouvel Empire (2630-1070 av. J. –Chr.) » (dir. B. Mathieu)

« Par sa longévité et son apparente stabilité, la monarchie pharaonique a fasciné plus d’un homme d’État et d’un penseur de l’Antiquité à nos jours. Pour cette raison peut-être, les fondements idéologiques de la royauté égyptienne ont été décrits au moyen d’outils conceptuels généralement inadéquats, où se mêlent vision occidentale des monarchies proche-orientales, fonctionnement des monarchies européennes et représentations modernes du pouvoir politique. La documentation égyptienne, pourtant, n’est pas avare d’informations précises permettant de saisir comment était conçu, par les Égyptiens eux-mêmes, le pouvoir pharaonique. Cette thèse aura donc pour objectif d’analyser, à partir de sources datées de l’Ancien Empire à la fin du Nouvel Empire, ce que les textes nomment pouvoir baou, une notion centrale qui fut thématisée très tôt, et amplement développée aux époques suivantes ».

Depuis 2014

Cloé CARON, La nature du divin en Égypte ancienne: le rapport Nouou, Atoum et les fluides créateurs dans la tradition cosmogonique de l’Ancien et du Moyen Empires, (co-dir. J. Revez, B. Mathieu)  

Le Nou(ou) est fréquemment défini comme la matière primordiale, aqueuse ou non, depuis laquelle s’entame la création du monde en Égypte ancienne. Si cette instance a le plus souvent été étudiée à travers le prisme de la cosmogonie, celle-ci présente dans les faits une plus grande complexité. La présente recherche vise à mettre en évidence la multivalence du Nou(ou) au sein des Textes des Pyramides (TP) et des Textes des Sarcophages (TS) qui regroupent les plus anciennes occurrences du vocable : il s’agit d’environ 50 attestations pour les TP et 150 pour les TS. L’objectif consiste à identifier les différents rôles que le Nou(ou) endosse en fonction du type de formules et en fonction des acteurs (Rê et Atoum notamment) avec lequel il est mis en rapport. Cette enquête repose sur une analyse exhaustive des formules où le Nou(ou) est mobilisé et implique : l’examen de divers paliers sémantiques susceptibles de nous éclairer sur la nature du concept (lexical, grammatical, contextuel, spatial) de même que l’analyse d’une sélection importante de formule dans leur intégralité

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Liste des membres associés de l’équipe ENiM composante de l’UMR 5140 ASM

Florence ALBERT, Membre scientifique de l’IFAO

Clémentine AUDOUIT

Laure BAZIN RIZZO

Élise BÈNE

Alain CHARRON, Musée départemental Arles antique

Marion Claude, A.T.E.R. à l’EPHE, section des Sciences Religieuses

Federico Contardi, Università degli Studi di Firenze (University of Florence), Dipartimento di Storia, Archeologia, Geografia, Arte e Spettacolo (SAGAS)

Cristian Craciun, Freie Universität Berlin

Margarita DANILOVA

Romain DAVID, SFDAS (Khartoum, Soudan)

Benjamin DURAND

Khaled EL-ENANY, Université d’Hélouan (Égypte)

Marguerite ERROUX-MORFIN

Abraham Ignacio FERNÁNDEZ PICHEL, Centro de História, Faculdade de Letras, Universidade de Lisboa

Jérémy FLORES

Hanane GABER

Luc GABOLDE, CNRS, directeur de l’USR 3172 du CNRS, Centre Franco-Égyptien d’Étude des Temples de Karnak (CFEETK)

Jacques GUITER

Mounir HABACHY

Charlie LABARTA

Sandra LIPPERT, CNRS, UMR 8546-AOrOc

Anaïs MARTIN

Émilie MARTINET

Franck MONNIER

Alexandra NESPOULOUS-PHALIPPOU, Musée Champollion des Écritures du Monde, Figeac

Elena PANAITE, Post-doctorante, bourse Ifao-PCMA (2020-2021)

Annie PERRAUD

Stéphanie PORCIER

Vanessa RITTER

Anaïs TILLIER

Marta VALERIO