Sociétés de la Préhistoire et de la Protohistoire

Fortement ancrés dans le tissu régional, le Midi de la France constituant à l’échelle de la Méditerranée nord-occidentale un terrain d’étude privilégié, les travaux de l’équipe SPP s’inscrivent dans le prolongement d’une recherche féconde, développée depuis plusieurs décennies à partir d’études transverses, de fouilles programmées et préventives, selon une approche à la fois résolument inscrite dans le champ des Sciences Humaines et Sociales et intégrant pleinement celui des interactions entre l’Homme et son environnement.
Associant désormais les composantes scientifiques de l’UMR travaillant sur la Préhistoire récente et la Protohistoire, le champ chronologique envisagé s’étend du Néolithique à la fin du second âge du Fer. Des premières communautés villageoises aux sociétés pré-étatiques, l’intervalle chronologique pris en compte couvre un temps long de près de 4 millénaires, abordé tant en synchronie par grandes phases chrono-culturelles, qu’en diachronie, dans une perspective dynamique mettant en avant les processus d’évolution.
Le Néolithique final et l’âge du Fer constituent toujours des points d’ancrage forts de l’équipe, mais il est envisagée ici de mettre un accent particulier sur l’âge du Bronze, et ce au sein des différents axes, affichage fort qui répond à une nécessité tant régionale que nationale.
Sur le plan géographique, si la Méditerranée demeure le champ d’investigation privilégié de l’équipe, les ouvertures à la fois thématiques et géographiques, effectives ou envisagées, expliquent l’abandon de l’épithète « méditerranéenne » dans son intitulé (anciennement PPM). La mise en avant de la notion de « sociétés », quant à elle, répond moins à un enfermement conceptuel et méthodologique qu’à une volonté de traiter de manière transverse les différents aspects de la vie matérielle et idéelle des populations passées.

Lire la suite : Présentation et composition de l’équipe

Les travaux menés dans le cadre de cet axe s’inscrivent dans une longue tradition de recherche reposant sur une activité de terrain soutenue, génératrice de données nouvelles et de renouvellement des problématiques. Les nombreuses fouilles programmées menées par des membres de l’équipe constituent à ce titre un socle autour duquel de nombreux travaux universitaires sont menés, tandis que les opérations d’archéologie préventive génèrent une information dont l’importance va grandissant, tant en raison de la vision élargie qu’elle offre sur certains secteurs géographiques qu’en raison de la tenue de quelques grosses opérations portant sur des habitats groupés d’ampleur.

L’habitat languedocien « protohistorique » (au sens large du terme, du Néolithique à la fin du second âge du Fer) est ici envisagé dans toute sa diversité, à la fois géographique, morphologique et chronologique. Les problématiques sont en effet multiples, compte tenu des évolutions qui se font jour au sein des cultures qui se sont succédées dans le sud de la France au cours des trois derniers millénaires avant notre ère. Ces évolutions tendent à s’accélérer et à devenir plus sensibles à partir du premier âge du Fer, phénomène qu’il faut en partie mettre au compte de l’impact des contacts établis avec les civilisations classiques méditerranéennes.

 

Lire la suite : Axe 1 : Dynamique des habitats et du territoire

La recherche sur les cultures matérielles, constituants la source documentaire principale pour la préhistoire et la protohistoire, fonctionne de toute évidence en synergie avec les autres axes développés au sein de l’équipe. Elle concerne des artefacts de toute nature, céramique, métal, mais aussi industries lithiques et osseuses, sur un arc chronologique allant du Néolithique à la fin de l’âge du Fer. L’analyse typologique reste une pratique incontournable, visant à l’affinement des chronologies et la définition de styles et faciès de nature géographique, culturelle ou fonctionnelle. Elle sert également de socle au développement d’autres approches concernant les techniques de production ou encore la fonction des objets. Les notions de transferts et d’échanges de matière première, de produits ou de savoirs faire sont également au centre des problématiques traitées. En arrière-plan, ce sont donc les dimensions sociales et économiques des sociétés qui sont analysées au travers de leur consommation et de leurs productions de biens matériels.

Lire la suite : Axe 2 : Cultures matérielles, chronologies et systèmes économiques

Coordonné par R. Roure (MCF, UPVM) et P. Gruat (Conseil Général de l’Aveyron)

Les recherches concernant les pratiques funéraires, anciennes et pionnières dans ce laboratoire, ont été réunies désormais au sein de l’équipe SPP à celles conduites autour des pratiques rituelles et symboliques dont elles représentent un versant particulier. L’étude des manifestations matérielles des rites et des cultes non funéraires est une thématique qui s’est développée plus récemment mais qui présente un très fort dynamisme au sein de notre équipe, tant par des travaux de terrain que par des réflexions plus théoriques.

Lire la suite : Axe 3 : Pratiques funéraires, rites et sanctuaires

Coordonné par E. Gailledrat (DR2, CNRS) et R. Plana (PR, UPVM)

Cet axe de recherche se nourrit de la forte implication de l’équipe SPP dans l’archéologie régionale et, plus généralement, dans celle du Midi de la France, région intrinsèquement concernée par les phénomènes de contact et d’interactions particulièrement intenses qui caractérisent l’espace méditerranéen. Il se nourrit également de l’ouverture de l’équipe vers d’autres régions, de l’Italie à l’Espagne et jusqu’au Maghreb, autour de thèmes mettant en jeu les notions de circulation des biens, des personnes ou des idées, ainsi que celles d’influences, d’emprunt et d’acculturation.

Lire la suite : Axe 4 : Interactions méditerranéennes

responsable : X. Gutherz

Premières sociétés de production dans la Corne de l’Afrique

À la suite de premiers travaux dirigés par Roger Joussaume dans les années 1980 sur le site d’Asa Koma près du lac Abhé en République de Djibouti, une équipe interdisciplinaire a été constituée en 2001 pour mettre en œuvre un programme intitulé : Premières Sociétés de Production dans la Corne de l’Afrique. Dirigé de 2001 à 2014 par Xavier Gutherz (UMR 5140 ASM) et depuis 2014 par Jessie Cauliez (UMR 5608 TRACES, Toulouse) ce programme, accrédité et financé par le MAEDI s’investit dans les problématiques suivantes :

Lire la suite : Axe 5 : Préhistoire et Protohistoire africaines