À paraître, mai 2017 : Un espace rural antique dans le territoire de la cité de Béziers

sous la direction de Cécile JUNG et Valérie BEL

 

La campagne gallo-romaine est bien souvent abordée au travers des fermes et villas qui la parsèment. C’est essentiellement sur ce corpus que s’appuie notre connaissance sur la dynamique et la répartition du peuplement, les productions agricoles ou le statut social des habitants de ce monde rural. Cependant, d’autres vestiges peuvent également éclairer ces problématiques, comme l’opération d’archéologie préventive menée par l’Inrap s’y attèle tout au long de cet ouvrage.

Les dix hectares fouillés sur la commune de Valros livrent en effet des données originales qui illustrent avec force la propriété d’un notable de haut rang issu d’une grande famille de la cité de Béziers, sans pour autant livrer le centre domanial.

Les nombreux témoins d’activités agraires constitués par des chemins, des champs de vignes, vergers et cultures annuelles font l’objet d’une analyse détaillée. Les études archéologiques et paléo-environnementales permettent de restituer le paysage cultural antique. Par ailleurs, une approche archéo-géographique met en perspective cet espace fortement structuré avec un aménagement territorial plus vaste, celui de la centuriation de Béziers.

Un ensemble architectural à vocation funéraire s’inscrit au sein de ce parcellaire. Une épitaphe nous dévoile le nom et le statut de la personne qui y a été honorée. Il s’agit d’une flaminique nommée Oppia, qui devait probablement officier à Béziers, chef-lieu de cité voisin. Deux tombes de jeunes enfants richement parés témoignent également de la position sociale élevée des individus retrouvés dans ce complexe funéraire. Par ailleurs, des indices permettant d’associer à cet ensemble un lieu de culte donnent à ce site un caractère inédit.

Enfin, une nécropole d’esclaves et de dépendants située au carrefour de chemins illustre aussi la présence et l’importance de ce vaste domaine. L’identification de cette population particulière s’appuie à la fois sur des données archéologiques et anthropologiques dont l’exploitation très poussée montre les spécificités dans le recrutement, les rites funéraires ou les pathologies identifiées.

L’ensemble de ces éléments rend les découvertes faites à Valros très atypiques et inédites à l’échelle régionale, voire nationale.

 

ISSN : 0153-9124
ISBN : 979-10-92655-06-3

 DEUX ENSEMBLES FUNÉRAIRES D’ÉPOQUE ROMAINE

Avenue Jean-Jaurès à Nîmes (Gard)

Sous la direction de Valérie BEL

 

Cet ouvrage tente de caractériser un quartier funéraire périurbain du Haut-Empire à Nîmes à travers l’étude conjointe de deux ensembles mis au jour dans le cadre d'opérations d'archéologie préventive en 1996 et en 2003. Ces espaces funéraires sont implantés le long d’une voie menant à la porte dite « du Cadereau », au sud-est de l’agglomération antique. L’analyse topographique met en évidence un développement original sous forme d’un lotissement en grandes parcelles allongées, subdivisées en concessions au recrutement familial et desservies par des chemins secondaires.
Les deux ensembles, principalement datés entre le milieu du Ier s. et la fin du IIe s., présentent d’évidentes similitudes dans la gestion de l’espace, la place accordée aux tombes de très jeunes enfants, les modes de sépultures ou les pratiques de dépôts de mobilier. Ces caractéristiques communes ne
s’observent pas toujours dans les autres nécropoles nîmoises, ce qui fait penser qu’on a affaire à une population homogène, peut-être issue de quartiers urbains situés à proximité. Les données disponibles témoignent de l’adoption avancée des pratiques funéraires romaines et de l’appartenance des défunts à un niveau intermédiaire de la société nîmoise. Enfin, l’étude détaillée et pluridisciplinaire des cinquante-sept structures funéraires mises au jour et des dépôts qui y sont associés, constitue un nouveau jalon pour la connaissance des pratiques funéraires en Gaule narbonnaise.


Ce volume, soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication et par l’Inrap, a été
coordonné par Valérie Bel, archéologue à l’Inrap et chercheuse rattachée à l’UMR 5140, Archéologie
des Sociétés Méditerranéennes.


La rédaction a été assurée par Sébastien Barberan, Valérie Bel, Michel Christol, Mélanie Contério,
Isabel Figueiral, Vianney Forest, Raffaella Gafà, Yves Manniez et Jérôme Rouquet avec la collaboration
de Michel Amandry, Pascale Chevillot, Véronique Fabre, Mafhoud Ferroukhi, Josselyne Guerre,
Marie-Laure Hervé, Olivier Lempereur et Richard Pellé.

ISSN : 0153-9124
ISBN : 979-10-92655-06-3
EAN : 9791092655063

Prix : 40 €

 

Plantes, produits et pratiques : diffusion et adoption de la nouveauté dans les sociétés préindustrielles

Actes des Rencontres d’Archéobotanique 2010
Université Paul-Valéry-Montpellier, 13-16 Octobre 2010

Édités par Núria Rovira, Laurent Bouby, Anne Bouchette, Marie-Pierre Ruas

 

Cet ouvrage est un recueil de 11 articles faisant suite à des communications (orales ou sous forme de poster) présentées lors de la table-ronde «Rencontres d’Archéobotanique 2010» organisée à l’université Paul Valéry de Montpellier du 13 au 16 octobre 2010. Le fil directeur de cette manifestation était la diffusion et l’adoption de plantes et/ou de produits « nouveaux », c’est-à-dire, des végétaux sauvages ou cultivés, indigènes ou exotiques qui étaient inconnus ou non utilisés auparavant par une population ou dans une région déterminées. L’adoption de nouvelles ressources peut entrainer le développement de pratiques agricoles, alimentaires ou culturelles, entre autres, qui vont structurer différemment les systèmes économiques et socio-culturels des sociétés, ainsi que le paysage.
Les travaux présentés ici, organisés dans un ordre chronologique, concernent des études monographiques de sites (par exemple, Vieille-Toulouse, Pouthumé ou Laval), des synthèses régionales (par exemple, les grands Causses, la Champagne ou la région nîmoise) ou des analyses thématiques (par exemple, sur le sorgho, le cerisier ou le sucre) structurées autour du thème fédérateur. La plupart de ces travaux se fondent sur les données carpologiques (semences et fruits archéologiques) mais certains articles reposent principalement sur d’autres sources, ou présentent un caractère interdisciplinaire, en croisant différentes approches (comme la palynologie ou l’histoire) pour étayer ses réflexions.

 

 

 

 

Publication de l’UMR 5140 du CNRS
« Archéologie des sociétés méditerranéennes »
Labex ARCHIMEDE-Programme IA ANR-11-LABX-0032-01

ISBN : 978-2-912369-35-2
ISSN : 2111-7411

Prix : 20 €

 

LE DOLIUM EN GAULE NARBONNAISE (Ier a.C. - IIIe p.C.)


CONTRIBUTION À L’HISTOIRE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA MEDITERRANEE NORD-OCCIDENTALE


Charlotte CARRATO préface de Stéphane MAUNÉ


Nul autre vase en céramique n’aura mieux que le dolium rendu compte de la démesure romaine.
D’abord importée par les Grecs en Italie dans le courant du VIIIe s. a.C., cette grande jarre de stockage en terre cuite va peu à peu conquérir l’ensemble de la Méditerranée nord-occidentale. Parce qu’il constitue un conteneur parfaitement adapté au climat chaud du pourtour méditerranéen, il devient dans le courant du IIe s. a.C. le symbole de la viticulture et de l’oléiculture intensive, et ce au moins jusqu’au IIIe s. p.C. L’archéologie a longtemps délaissé ce matériel lourd et souvent informe qui jonche pourtant le sol des anciens chais et celliers à dolia des exploitations agricoles antiques. À travers le cas particulier de la Gaule Narbonnaise, le présent travail se propose de réévaluer la place qu’a pu jouer ce conteneur dans le développement économique de cette province, entre le Ier s. a.C. et le IIIe s. p.C. Utilisant les méthodes de l’archéologie classique, cette étude s’inscrit aussi dans une perspective pluridisciplinaire destinée à mettre en synergie les données archéologiques, archéométriques, épigraphiques et anthropologiques. L’ensemble de la documentation rassemblée constitue une synthèse inédite des connaissances sur le thème du dolium, depuis sa fabrication jusqu’à son utilisation, qui vise à mettre en évidence les modalités du déploiement de ce formidable outil au service du développement économique impérial.


The dolium is the largest container ever used in the ancient world. First imported by the Greeks in Italy during the VIIIth century B.C., this terracotta jar will gradually conquer the whole northwestern Mediterranean territories. Because of its perfect adaptation to the warm climate of Mediterranean area, it
became during the IInd century A.D. a symbol of intensive viticulture and olive growing, at least until the IIIst century A.D. Archaeology neglected for a long time the study of these heavy and shapeless ceramic fragments strewn across the ground of ancient farm’s storehouses. Through the Narbonese province case, this work aims to reassess the place of this container in the economic development between the Ith century B.C. to the IIIth century
A.D. Using classical archaeological methods, this study also joins a multidisciplinary prospect intended to put in synergy archaeological, archaeometrical, epigraphic and anthropological data. This documentation forms an unprecedented synthesis about dolium, from its manufacturing to its use, which aims at highlighting the modalities of this great tool’s deployment at the service of the imperial economic development.

Carrato 2017 : C. Carrato, Le dolium en Gaule Narbonnaise (Ier a.C. - IIIe p.C.). Contribution à l’histoire socio-économique de la Méditerranée nord-occidentale, Mémoires 46, Ausonius Edition, Bordeaux, 2017, 750 p.

ISSN : 1283-2995
ISBN : 978-2-35613-178-2

Prix : 65 €

Charlotte Carrato,
chercheur associé à l’UMR5140-Archéologie des Sociétés Méditerranéennes - Labex ARCHIMEDE, ANR-11LABX-0032-01, Montpellier.

 

Les gravures piquetées du mont Bego (Alpes-Maritimes)

Organisation spatiale et sériation (VIe-IIe millénaire av. J.-C.)

Thomas HUET

 

Le site du mont Bego (Alpes-Maritimes), dit aussi « Vallée des Merveilles », rassemble l’une des principales concentrations d’art rupestre d’Europe occidentale. Le site compte quelque 36 000 gravures – dont 20 000 figuratives : corniformes, formes géométriques, armes et anthropomorphes – réalisées par piquetage sur environ 4 200 blocs et affleurements étagés entre 2000 m et 2700 m d’altitude. La datation et la signification de ces représentations restent encore largement débattues.

Les équipes dirigées par H. de Lumley, au terme d’un travail mené sur plus de quarante ans, ont relevé ces gravures et constitué un corpus qui tend aujourd’hui à l’exhaustivité. Accompagnant ces relevés, le positionnement des roches et les descriptions ont été enregistrés dans une base de données. L’étude de cette documentation dans un système d’information géographique (SIG) et au travers d’analyses statistiques, permet d’identifier des groupements significatifs de gravures. Des effets de sériation et de toposériation sont mis en évidence. Ces effets sont ensuite confrontés aux indices chronologiques apportés par les superpositions de gravures. Ces observations sont suffisamment convergentes pour proposer une périodisation des gravures piquetées. Les figures à franges, des anthropomorphes schématiques, semblent les plus anciennes (période 0), les hallebardes, les personnages et les corniformes naturalistes en forment la strate la plus récente (période 4). Les autres thèmes gravés se distribuent entre ces terminus.

À l’échelle des Alpes occidentales et méridionales, le site du mont Bego est l’un des premiers, au-dessus de 1700 m d’altitude, a être occupé saisonnièrement comme en attestent les découvertes in situ d’éléments appartenant au Cardial et au Chasséen (Néolithique ancien et moyen). Des études paléoenvironnementales révèlent également une précocité des indices d’activités pastorales qui semblent certaines dès le Campaniforme récent (Néolithique final) et le début de l’âge du Bronze. Malgré le manque de connexions directes entre le mobilier archéologique et l’art rupestre, la typologie des représentations d’armes, les périodes d’occupation du site et des comparaisons prises dans des contextes voisins, permettent de faire l’hypothèse d’une longue période de gravure (VIe-IIe millénaire av. J.-C.).

 

The Mont Bego site (Alpes-Maritimes), also known as « Vallée des Merveilles », is one of the most important concentrations of rock art in Western Europe. The site numbers some 36,000 engravings made by peck marks, among which 20,000 figurative ones (horned figures, geometrical forms, weapons, anthropomorphs), on 4,200 boulders or outcrops tiered between 2,000 and 2,700 meters high. The dating and meaning of theses rock engravings are still heavily debated.

Teams led by H. de Lumley, at the end of a forty-year research, surveyed these rock engravings constituting an almost exhaustive corpus. Accompanying these surveys, locations and descriptions of the rocks have been recorded in a database. The study of this documentation in a geographic information system (GIS), with statistical analyses, permits to identify significant groupings of rock engravings. Seriations and topo­seriations effects are highlighted. These effects are compared to chronological indexes revealed by rock engravings superimpositions. These observations are sufficiently convergent to propose a periodisation of principal engraved themes. Fringed figures, schematic anthropomorphs, seem to be the most ancient ones (period 0). Halberds, human figures and naturalistic horned figures belong to the most recent period (period 4). The others engraved themes have been realised between these terminuses.

At the scale of Western and Southern Alps, Mont Bego site is one of the first, above 1,700 m high, to be occupied seasonally as shown by the in situ discoveries of elements belonging to Cardial and Chassean (Early and Middle Neolithic). Paleoecological corings also show early signals of pastoral activities which seem certain since Recent Bell Beaker (Late Neolithic) and beginnings of Bronze Age. Despite the lack of direct connections between rock art and archaeologic material, typology of weapons representations, occupation periods of the site and comparisons chosen in other contexts, allow to propose the hypotheses of a long period of realisation of rock engravings (6th – 2th millennium BC).

 

Paris, Société préhistorique française, 2017
166 pages
ISBN : 2-913745-71-7
Prix : 30 € + 7 € (port)