Article :  Banquets et rites collectifs au Vè s. av. J.-C. au sein de l'habitat de la Monédière à Bessan (Hérault)
Caractérisation et signification d'une fosse hors norme et des dépôts associés

Banquets and collective rites during the 5th c. BC at La Monédière dwelling site in Bessan (Hérault). Characterization and significance of an exceptional pit and associated deposits

Auteurs : Alexandre Beylier, Eric Gailledrat, Anne-Marie Curé, Cécile Dubosse, Luke Howarth, Ariadna Nieto Espinet

dans GALLIA, numéro 75, 2018, p. 3-48

Lire l'article    OpenEdition Journals

Résumé : Les fouilles préventives menées en 2014 sur l’habitat protohistorique de La Monédière à Bessan (Hérault) ont été le théâtre d’une découverte inattendue. À cette occasion fut en effet mise au jour une structure excavée pour laquelle on ne connaît aucun équivalent, que ce soit en Gaule ou en Méditerranée nord-occidentale. Cette fosse aux dimensions hors-normes fut le réceptacle de dépôts massifs de mobilier intervenant entre 475 et 420 av. J.-C., soit dans les deniers temps d’occupation de l’établissement. Constitués d’un répertoire céramique original fondamentalement tourné vers le service et la consommation du vin, associé à un matériel faunique atypique impliquant une consommation abondante de viande de bœuf, ainsi qu’à des objets peu usuels en milieu indigène, les rejets qu’elle renferme renvoient à la sphère du banquet, suscitant de nouvelles interrogations sur la réalité de la pratique du symposion en Gaule méditerranéenne. Incompatibles avec l’idée d’un dépotoir composé de simples rebuts de consommation domestique, ils participent de pratiques de commensalités collectives – voire publiques – à connotation rituelle, auxquelles ont pu participer des intervenants allochtones (Grecs). La mise en scène des derniers dépôts et le contexte dans lequel ceux-ci s’inscrivent soulèvent par ailleurs la question d’une cérémonie de clôture du site, évènement qu’il est tentant de mettre en parallèle avec les bouleversements qui touchent alors la région, notamment avec l’émergence de la colonie grecque d’Agde toute proche.

Mots-clés : dépôts, mobilier céramique, vin, alimentation carnée, offrandes, Grecs, indigènes

The Emporion in the Ancient Western Mediterranean - Trade and Colonial Encounters from the Archaic to the Hellenistic Period

Auteurs : Eric Gailledrat, Michael Dietler, Rosa Plana-Mallart

Montpellier, Presses Universitaires de la Méditerranée, 2018, 265 p. ISBN : 978-2-36781-275-5

Résumé :

Twenty-five years ago, publication of the landmark volume L’emporion (Bresson & Rouillard 1993) had a major impact on studies of the ancient Mediterranean. It marked one of the first attempts to focus attention systematically on the kinds of trade enclaves that ancient Greeks named “emporia” and to review the existing textual and archaeological evidence concerning these spaces of cross-cultural encounter and the roles they played in ancient economic systems and processes of colonial interaction. The questions, enigmas, and evidentiary lacunae revealed by that exploratory venture provoked a torrent of vigorous empirical research and theoretical debate, especially in the western Mediterranean, where programs of archaeological research on this theme became particularly active in France, Italy, and Spain.

The current volume re-examines the phenomenon of the emporion in the light of this subsequent wealth of new studies and data. However, it also seeks to set the analysis within an expanded international and cross-disciplinary framework and to enlarge the audience for this discussion. The authors include scholars from France, Italy, Spain, and the United States, and from the fields of anthropology, archaeology, classics, and history.

Ensérune (Nissan-Lez-Ensérune, Hérault). La nécropole du second Age du Fer.

Auteurs : Martine Schwaller, Georges Marchand, Thierry Lejars (Dir.) et Daniel Orliac, Armelle Gardeisen, Thierry Janin, Enric Sanmarti (collab.).

Lattes, Edition de l’Association pour le Développement de l’Archéologie en Languedoc-Roussillon, 2016. Coll. Monographies d’Archéologie Méditerranéenne (MAM), 38, 2018, 3 vol., 900 p.

Résumé :

La nécropole du second âge du fer d’Ensérune compte plus de 500 tombes, datées entre le milieu du Ve s. et la fin du IIIe s. av. J.-C. et demeure à ce jour le groupe de sépultures le plus important de Méditerranée nord-occidentale pour cette période chronologique. Au terme de cette étude il apparait que, compte tenu de l’ancienneté de la majorité des découvertes, seuls deux tiers environ des tombes sont réellement utilisables afin d’analyser les caractéristiques et le développement de cette nécropole, mais aussi dans la perspective de confronter les pratiques funéraires ici mises en œuvre avec celles de Gaule méridionale et des régions limitrophes.

Comme dans l’ensemble du monde indigène du Languedoc occidental, depuis le Bronze final, le traitement du corps est toujours l’incinération et toutes les classes d’âge sont concernées, à l’exception des périnatals et des très jeunes enfants. Une évolution des modes de sépulture et de la composition des dépôts est cependant bien perceptible. Jusque dans le premier quart du IVe s., on rencontre des tombes dépourvues de vase cinéraire, qui coexistent à partir de ce moment avec d’autres, quant à elles munies d’un ossuaire qui, dans la majorité des cas, consiste en une urne ou une cruche à pâte claire. Une modification significative des dépôts est observée à partir du dernier quart du IVe s., en ce sens que l’ossuaire est désormais rarement le seul vase présent dans la tombe. Le mort est pourvu de ses objets personnels, brûlés avec lui. Durant cette phase de plus d’un siècle, deux faits émergent, à savoir la place de l’armement et l’abondance des dépôts de faune.

Durant toute la période d’utilisation de la nécropole, les objets témoignent de contextes différents. Ensérune est un creuset pour cette approche centrée autour du contact de cultures, dans ce monde indigène ouvert essentiellement sur trois horizons, les mondes ibère, grec et laténien. Au second âge du Fer il semble en effet que ces influences exogènes soient moins superficielles qu’auparavant, sans toutefois bouleverser l’enracinement indigène, comme en témoigne la continuité des pratiques funéraires. Dans ce mélange de cultures matérielles, favorisé sans doute à Ensérune par le cas particulier de sa situation géographique, ce groupe ibéro-languedocien entre Hérault et Pyrénées présente un mélange d’éléments méditerranéens et d’éléments continentaux, somme toute assez minoritaires sauf dans le domaine de l’armement et de la parure où les schémas laténiens dominent.

La découverte de nécropoles importantes, abordées avec les exigences de l’archéologie funéraire désormais bien en place, permettrait sans aucun doute d’avancer de manière plus incisive sur la finesse de ces changements ou les détails de tel ou tel aspect de ces pratiques liées à la mort et à la composition des objets mis en scène. Ensérune conserve néanmoins une image de nécropole exceptionnelle, tant par la masse et la qualité documentaire des mobiliers et des assemblages que par le rôle que cette fouille a joué dans l’émergence et le développement de la discipline archéologique depuis le début du XXe s.

 

Publication de l’UMR 5140 du CNRS
« Archéologie des sociétés méditerranéennes »
Labex ARCHIMEDE-Programme IA ANR-11-LABX-0032-01

ISBN : 978-2-912369-36-9

Prix : 45 euros

 

 

 

Abstract :

 

The second Iron Age necropolis of Ensérune has more than 500 graves dated between the middle of the 5th century and the end of the 3rd century BC. It remains the largest group of burials in the northwestern Mediterranean for this chronological period. At the end of this study, it appears that given the age of the majority of discoveries, only about two-thirds of the tombs can effectively be used to analyse the characteristics and development of this necropolis, and also to compare the funerary practices implemented here with those of the southern Gaul and neighbouring regions.

As in the entire indigenous world of western Languedoc, since the late Bronze Age, the body is systematically incinerated, all age classes are represented except for perinatals and very young children. An evolution of the modes of burial and the composition of the deposits is clearly perceptible. Until the first quarter of the 4th century, tombs without a cinerary vase coexist with those whose ossuary, in most cases an urn or a cream-ware wheel thrown Ibero-Languedoc jug, until the third quarter of the 4th century. A significant change in deposits is observed from the last quarter of the 4th century, the ossuary is from that moment on, rarely the only vase of the tomb. The deceased is accompanied by his personal belongings, burned with him. During this period of more than a century, two facts emerge: the place of the armament and the abundance of fauna deposits.

Throughout the period of use of the necropolis, objects may define different contexts. Ensérune is key-site for this approach centred around the contact between cultures, in this indigenous world open essentially on three horizons: the Iberian, Greek and Latenian worlds. In the second Iron Age, it seems that these exogenous influences are less superficial than before, without however upsetting the indigenous background, as evidenced by the continuity of funerary practices. In this mixture of material cultures, probably favoured in Ensérune by the particular case of its geographical situation, this Ibero-Languedocian group set between the Hérault river and the Pyrenees, presents a mixture of Mediterranean and rather minor continental elements, except in the field of armament or ornament where Latenian schemes dominate. The discovery of important necropolises, approached with the requirements of funerary archaeology now in place, would undoubtedly make it possible to advance more incisively on the fineness of these changes or the details of some death related practices and the compositions of the staged objects. Nevertheless, Ensérune remains an exceptional necropolis, by the mass and the informative quality of the furnitures and assemblages, but also by the role that this excavation has played in the emergence and development of the archaeological discipline since the early twentieth century.

 

 

 

 

Le franchissement du fleuve à Vienne.

Auteur : Laurence Brissaud

Revue Archéologique de Narbonnaise, supplément n° 48, 2018, 586 p.

 

 

Pendant trente années, Laurence Brissaud s’est affrontée aux problématiques enclenchées par les recherches programmées à l’emplacement d’un des quartiers de la Vienne antique, le site archéologique de Saint-Romain-en-Gal. Depuis 1967, c’est un des quartiers outre Rhône les plus connus de la cité allobroge ; à cette date, le site, propriété du département du Rhône, fut livré à une recherche archéologique continue.

Le développement urbain de cette rive du Rhône fait partie de l’histoire de la colonie viennoise. La configuration évolutive du quartier intègre les composantes d’une ville active et bien équipée : l’habitat des notables, des installations artisanales et commerciales dont la propriété relevait de la même élite, des établissements de loisirs (thermes avec campus ou palestres). Le sous-sol du quartier, lui, est un véritable palimpseste que l’auteure n’a cessé de déchiffrer pour en retrouver le principe vital. Le réseau des voies et leurs aménagements, celui des conduites d’eau n’ont plus de secrets pour l’archéologue qui en suit toutes les évolutions et les améliorations techniques. Mais ces reconstitutions ne prennent leur signification qu’en les réintégrant dans un espace de réflexion plus large : l’espace urbain de la ville tout entière. Celui-ci forme un ensemble non sécable ; le Rhône en est un élément constituant avec lequel il fallut composer en laissant aux ingénieurs de l’époque le soin d’établir des ouvrages d’art qui, d’une rive à l’autre, devaient donner une cohérence au schéma viaire de l’ensemble de l’agglomération. Forte de la connaissance de la rive droite, l’auteure enquête sur les ponts du Rhône, observe la topographie locale, croise les données littéraires ou archéologiques anciennes, réactualisées et consolidées par des relevés techniques de la CNR. Sont aussi convoqués les témoignages du passé (écrits, récits de voyages, plans ou cadastres, vues anciennes ou gravures) qui contribuent à souligner combien la mémoire des lieux s’est inscrite dans le paysage en dépit des transformations continuelles.

L’alimentation en eau courante, par un réseau de conduites sous pression, n’a pas été tenue à l’écart de cette réflexion. Depuis les débuts de l’archéologie viennoise, en effet, on se pose la question : les aqueducs de la rive gauche alimentaient-ils aussi la population de la rive droite ? La présence de deux ponts antiques tend à conforter cette perspective.

Laurence Brissaud est attachée de conservation du patrimoine, archéologue territoriale sur le site antique de Saint-Romain-en-Gal (Rhône) depuis 1987 et actuellement chargée de valorisation et de diffusion archéologique.

Voir la table des matières

 

Notables nîmois. Magistrats, chevaliers et sénateurs issus de la cité de Nîmes à l'époque romaine (milieu du Ier siècle av. n. è. - début du IIIè siècle de n. è.)

Auteur : Céline CHULSKY

Revue Archéologique de Narbonnaise, supplément n° 47, 2018, 421 p.

La cité de Nîmes se distingue, à l’époque romaine, par sa riche aristocratie connue grâce aux inscriptions et à quelques mentions littéraires.  Au premier siècle av. n. è., des préteurs sont attestés ; ils semblent être à la tête de la confédération des Volques Arécomiques, rassemblant une trentaine d’agglomérations indépendantes. À l’époque césarienne, ces agglomérations reçoivent le droit latin et Nîmes devient une colonie latine dirigée par des quattuorvirs. Au début du règne d’Auguste, Nîmes est refondée ; la plupart des agglomérations de la région passent sous sa domination politique. C’est peut-être à cette occasion que À cette époque, les notables semblent souvent être les descendants d’aristocrates ayant reçu la citoyenneté de grands généraux de la République, et donc être issus de l’ancienne élite dirigeante indigène. Les plus importants intègrent le Sénat de Rome. La carrière sépare nettement des élites anciennes suivant un parcours en quatre à cinq étapes et des personnages plus modestes ne prenant en charge que la questure ou l’édilité. Les sénateurs s’en dispensent entièrement. Au cours du premier siècle de n. è., l’origine des notables se div, même si les descendants des aristocrates issus des clientèles républicaines dominent encore la vie politique. La période la plus faste pour Nîmes est le deuxième siècle de n. è. La cité ne produit quasiment plus de sénateurs, mais les chevaliers locaux ont une ampleur sans précédent, et elle rayonne sur la Narbonnaise. Les magistrats sont alors souvent issus de nouvelles familles indigènes n’ayant pas appartenu aux clientèles républicaines.L’élite nîmoise se recentre ainsi progressivement sur sa province, alors qu’elle était tournée vers Rome au premier siècle de n. è. Elle multiplie les attentions envers sa cité et les communautés de Narbonnaise, celles-ci lui rendant les dépenses par l’octroi d’honneurs. Nîmes attire désormais non seulement les élites des communautés arécomiques anciennement indépendantes, mais aussi celles d’autres cités de la région. Toutefois, un arrêt progressif de l’usage des inscriptions ne nous permet presque plus, à partir du début du troisième siècle de n. è., de connaître les notables.

*Céline Chulsky est agrégée d’histoire et professeur dans le secondaire. Elle consacre ses recherches à la romanisation en Gaule Narbonnaise. Cet ouvrage est issu de sa thèse de doctorat dirigée par M. Christol et soutenue à Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Montpellier, Editions de l'Association de la Revue archéologique de Narbonnaise, 2018. Prix : 30 euros.

Paru dans Quaternary International, en janvier 2018 !
Palaeoenvironmental and archaeological records for the reconstruction of the ancient landscape of the Roman harbour of Narbonne (Aude, France)

Résumé/Abstract:

Analysis of sediment records and AMS radiocarbon dates are used to reconstruct Quaternary landscapes and palaeoenvironments of the ancient Roman harbour at Narbonne. Capital of the Roman Province Gallia Narbonensis, which extended from the Pyrenees to the Alps, Narbonne was one of the largest port cities in the northwest Mediterranean during the first millennium AD. Yet, the strategies deployed in managing the harbour, particularly the management of natural processes, are little understood. A synthesis of archaeological, geomorphological and geophysical data was made to assess the palaeoenvironmental constraints faced by residents of Narbonne, and what strategies they may have adopted in the management thereof. Harbour structures dating from the 1st-5th centuries AD discovered in Castélou and Mandirac were intended to canalize an Aude river branch allowing transfer and unloading of trade goods. These new insights about the harbour of Narbonne provide a valuable comparison for other ancient Mediterranean harbours such as Ostia (Italy), Tell Abou Hawam (Israel), Taposiris (Egypt)…

Keywords: ancient harbour; ancient canal; river mouth; geoarchaeology; sedimentology; South of France.

Référence de l’article :

Camille Faïsse, Vivien Mathé, Guillaume Bruniaux, Julie Labussière, Julien Cavero, Marie-Pierre Jézégou, David Lefèvre, Corinne Sanchez. Palaeoenvironmental and archaeological records for the reconstruction of the ancient landscape of the Roman harbour of Narbonne (Aude, France). Quaternary International, Volume 463, Part A, 2018, p. 124-139.

 

Lien vers l’article :

https://doi.org/10.1016/j.quaint.2017.03.072

Documents d'Archéologie Méridionale, volume 39

Au sommaire de ce numéro :
 

VARIA

  • Assumpció Toledo i Mur, Anne Lagarrigue
    Les ensembles céramiques du Bronze ancien et du Bronze final IIIa d’El Camp del Viver (Baho, Pyrénées-Orientales)

  • Fabrice Pons, Sébastien Pancin, Roberta Bevilacqua, Hélène Martin
    Un habitat de la fin du premier âge du Fer dans le Toulousain : le site de Sauzas à Blagnac (Haute-Garonne)

  • Ian ARMIT, Tim HORSLEY, Frédéric MARTY
    Le Castellan (Istres, Bouches-du-Rhône) : résultats de prospection géophysique

  • Annie Montécinos, Réjane Roure, Sébastien Munos
    L’agglomération protohistorique de Mèze (Hérault) : nouvelles données sur l’âge du Fer

  • Alexandre Beylier, Anne-Marie Curé, Cécile Dubosse, Éric Gailledrat avec la collaboration de Sébastien Munos et de Séverine Sanz-Laliberté
    Le dépôt de la « fouille 47 » du Cayla de Mailhac (Aude) : un ensemble du Ve s. av. n. è. à caractère rituel  ?

  • Axel Cauvin
    La partie méridionale du premier village du quartier de l’Île à Martigues (Bouches‑du‑Rhône) entre le milieu du Ve s. et la fin du IIIe s. av. J.‑C.

  • Loïc BUFFAT, Bernard DEDET avec la collaboration de Cristina GARCIA DALMAU et Alexandre AYASSE
    L’ensemble funéraire du second âge du Fer de la Grange Blanche à Courthézon (Vaucluse)

  • Patrice Courtaud, Elisabeth Rousseau, Henri Duday, Philippe Boissinot
    Les restes humains de l’âge du Fer de Roquepertuse (13) : fouilles anciennes et récentes

 

ANNÉE DE PUBLICATION : 2017
ISBN : 2-908774-28-3
EAN : 9782908774283
ISSN : 0184-1068

Nombre de pages : 306 p.

Prix : 25 €

Editeur : ADAM éditions

 

 

DEUX ENSEMBLES FUNÉRAIRES D’ÉPOQUE ROMAINE

Avenue Jean-Jaurès à Nîmes (Gard)

Sous la direction de Valérie BEL

 

Cet ouvrage tente de caractériser un quartier funéraire périurbain du Haut-Empire à Nîmes à travers l’étude conjointe de deux ensembles mis au jour dans le cadre d'opérations d'archéologie préventive en 1996 et en 2003. Ces espaces funéraires sont implantés le long d’une voie menant à la porte dite « du Cadereau », au sud-est de l’agglomération antique. L’analyse topographique met en évidence un développement original sous forme d’un lotissement en grandes parcelles allongées, subdivisées en concessions au recrutement familial et desservies par des chemins secondaires.
Les deux ensembles, principalement datés entre le milieu du Ier s. et la fin du IIe s., présentent d’évidentes similitudes dans la gestion de l’espace, la place accordée aux tombes de très jeunes enfants, les modes de sépultures ou les pratiques de dépôts de mobilier. Ces caractéristiques communes ne
s’observent pas toujours dans les autres nécropoles nîmoises, ce qui fait penser qu’on a affaire à une population homogène, peut-être issue de quartiers urbains situés à proximité. Les données disponibles témoignent de l’adoption avancée des pratiques funéraires romaines et de l’appartenance des défunts à un niveau intermédiaire de la société nîmoise. Enfin, l’étude détaillée et pluridisciplinaire des cinquante-sept structures funéraires mises au jour et des dépôts qui y sont associés, constitue un nouveau jalon pour la connaissance des pratiques funéraires en Gaule narbonnaise.


Ce volume, soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication et par l’Inrap, a été
coordonné par Valérie Bel, archéologue à l’Inrap et chercheuse rattachée à l’UMR 5140, Archéologie
des Sociétés Méditerranéennes.


La rédaction a été assurée par Sébastien Barberan, Valérie Bel, Michel Christol, Mélanie Contério,
Isabel Figueiral, Vianney Forest, Raffaella Gafà, Yves Manniez et Jérôme Rouquet avec la collaboration
de Michel Amandry, Pascale Chevillot, Véronique Fabre, Mafhoud Ferroukhi, Josselyne Guerre,
Marie-Laure Hervé, Olivier Lempereur et Richard Pellé.

ISSN : 0153-9124
ISBN : 979-10-92655-06-3
EAN : 9791092655063

Prix : 40 €

 

 

LE DOLIUM EN GAULE NARBONNAISE (Ier a.C. - IIIe p.C.)


CONTRIBUTION À L’HISTOIRE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA MEDITERRANEE NORD-OCCIDENTALE


Charlotte CARRATO préface de Stéphane MAUNÉ


Nul autre vase en céramique n’aura mieux que le dolium rendu compte de la démesure romaine.
D’abord importée par les Grecs en Italie dans le courant du VIIIe s. a.C., cette grande jarre de stockage en terre cuite va peu à peu conquérir l’ensemble de la Méditerranée nord-occidentale. Parce qu’il constitue un conteneur parfaitement adapté au climat chaud du pourtour méditerranéen, il devient dans le courant du IIe s. a.C. le symbole de la viticulture et de l’oléiculture intensive, et ce au moins jusqu’au IIIe s. p.C. L’archéologie a longtemps délaissé ce matériel lourd et souvent informe qui jonche pourtant le sol des anciens chais et celliers à dolia des exploitations agricoles antiques. À travers le cas particulier de la Gaule Narbonnaise, le présent travail se propose de réévaluer la place qu’a pu jouer ce conteneur dans le développement économique de cette province, entre le Ier s. a.C. et le IIIe s. p.C. Utilisant les méthodes de l’archéologie classique, cette étude s’inscrit aussi dans une perspective pluridisciplinaire destinée à mettre en synergie les données archéologiques, archéométriques, épigraphiques et anthropologiques. L’ensemble de la documentation rassemblée constitue une synthèse inédite des connaissances sur le thème du dolium, depuis sa fabrication jusqu’à son utilisation, qui vise à mettre en évidence les modalités du déploiement de ce formidable outil au service du développement économique impérial.


The dolium is the largest container ever used in the ancient world. First imported by the Greeks in Italy during the VIIIth century B.C., this terracotta jar will gradually conquer the whole northwestern Mediterranean territories. Because of its perfect adaptation to the warm climate of Mediterranean area, it
became during the IInd century A.D. a symbol of intensive viticulture and olive growing, at least until the IIIst century A.D. Archaeology neglected for a long time the study of these heavy and shapeless ceramic fragments strewn across the ground of ancient farm’s storehouses. Through the Narbonese province case, this work aims to reassess the place of this container in the economic development between the Ith century B.C. to the IIIth century
A.D. Using classical archaeological methods, this study also joins a multidisciplinary prospect intended to put in synergy archaeological, archaeometrical, epigraphic and anthropological data. This documentation forms an unprecedented synthesis about dolium, from its manufacturing to its use, which aims at highlighting the modalities of this great tool’s deployment at the service of the imperial economic development.

Carrato 2017 : C. Carrato, Le dolium en Gaule Narbonnaise (Ier a.C. - IIIe p.C.). Contribution à l’histoire socio-économique de la Méditerranée nord-occidentale, Mémoires 46, Ausonius Edition, Bordeaux, 2017, 750 p.

ISSN : 1283-2995
ISBN : 978-2-35613-178-2

Prix : 65 €

Charlotte Carrato,
chercheur associé à l’UMR5140-Archéologie des Sociétés Méditerranéennes - Labex ARCHIMEDE, ANR-11LABX-0032-01, Montpellier.

 

Plantes, produits et pratiques : diffusion et adoption de la nouveauté dans les sociétés préindustrielles

Actes des Rencontres d’Archéobotanique 2010
Université Paul-Valéry-Montpellier, 13-16 Octobre 2010

Édités par Núria Rovira, Laurent Bouby, Anne Bouchette, Marie-Pierre Ruas

 

Cet ouvrage est un recueil de 11 articles faisant suite à des communications (orales ou sous forme de poster) présentées lors de la table-ronde «Rencontres d’Archéobotanique 2010» organisée à l’université Paul Valéry de Montpellier du 13 au 16 octobre 2010. Le fil directeur de cette manifestation était la diffusion et l’adoption de plantes et/ou de produits « nouveaux », c’est-à-dire, des végétaux sauvages ou cultivés, indigènes ou exotiques qui étaient inconnus ou non utilisés auparavant par une population ou dans une région déterminées. L’adoption de nouvelles ressources peut entrainer le développement de pratiques agricoles, alimentaires ou culturelles, entre autres, qui vont structurer différemment les systèmes économiques et socio-culturels des sociétés, ainsi que le paysage.
Les travaux présentés ici, organisés dans un ordre chronologique, concernent des études monographiques de sites (par exemple, Vieille-Toulouse, Pouthumé ou Laval), des synthèses régionales (par exemple, les grands Causses, la Champagne ou la région nîmoise) ou des analyses thématiques (par exemple, sur le sorgho, le cerisier ou le sucre) structurées autour du thème fédérateur. La plupart de ces travaux se fondent sur les données carpologiques (semences et fruits archéologiques) mais certains articles reposent principalement sur d’autres sources, ou présentent un caractère interdisciplinaire, en croisant différentes approches (comme la palynologie ou l’histoire) pour étayer ses réflexions.

 

 

 

 

Publication de l’UMR 5140 du CNRS
« Archéologie des sociétés méditerranéennes »
Labex ARCHIMEDE-Programme IA ANR-11-LABX-0032-01

ISBN : 978-2-912369-35-2
ISSN : 2111-7411

Prix : 20 €

Les gravures piquetées du mont Bego (Alpes-Maritimes)

Organisation spatiale et sériation (VIe-IIe millénaire av. J.-C.)

Thomas HUET

 

Le site du mont Bego (Alpes-Maritimes), dit aussi « Vallée des Merveilles », rassemble l’une des principales concentrations d’art rupestre d’Europe occidentale. Le site compte quelque 36 000 gravures – dont 20 000 figuratives : corniformes, formes géométriques, armes et anthropomorphes – réalisées par piquetage sur environ 4 200 blocs et affleurements étagés entre 2000 m et 2700 m d’altitude. La datation et la signification de ces représentations restent encore largement débattues.

Les équipes dirigées par H. de Lumley, au terme d’un travail mené sur plus de quarante ans, ont relevé ces gravures et constitué un corpus qui tend aujourd’hui à l’exhaustivité. Accompagnant ces relevés, le positionnement des roches et les descriptions ont été enregistrés dans une base de données. L’étude de cette documentation dans un système d’information géographique (SIG) et au travers d’analyses statistiques, permet d’identifier des groupements significatifs de gravures. Des effets de sériation et de toposériation sont mis en évidence. Ces effets sont ensuite confrontés aux indices chronologiques apportés par les superpositions de gravures. Ces observations sont suffisamment convergentes pour proposer une périodisation des gravures piquetées. Les figures à franges, des anthropomorphes schématiques, semblent les plus anciennes (période 0), les hallebardes, les personnages et les corniformes naturalistes en forment la strate la plus récente (période 4). Les autres thèmes gravés se distribuent entre ces terminus.

À l’échelle des Alpes occidentales et méridionales, le site du mont Bego est l’un des premiers, au-dessus de 1700 m d’altitude, a être occupé saisonnièrement comme en attestent les découvertes in situ d’éléments appartenant au Cardial et au Chasséen (Néolithique ancien et moyen). Des études paléoenvironnementales révèlent également une précocité des indices d’activités pastorales qui semblent certaines dès le Campaniforme récent (Néolithique final) et le début de l’âge du Bronze. Malgré le manque de connexions directes entre le mobilier archéologique et l’art rupestre, la typologie des représentations d’armes, les périodes d’occupation du site et des comparaisons prises dans des contextes voisins, permettent de faire l’hypothèse d’une longue période de gravure (VIe-IIe millénaire av. J.-C.).

 

The Mont Bego site (Alpes-Maritimes), also known as « Vallée des Merveilles », is one of the most important concentrations of rock art in Western Europe. The site numbers some 36,000 engravings made by peck marks, among which 20,000 figurative ones (horned figures, geometrical forms, weapons, anthropomorphs), on 4,200 boulders or outcrops tiered between 2,000 and 2,700 meters high. The dating and meaning of theses rock engravings are still heavily debated.

Teams led by H. de Lumley, at the end of a forty-year research, surveyed these rock engravings constituting an almost exhaustive corpus. Accompanying these surveys, locations and descriptions of the rocks have been recorded in a database. The study of this documentation in a geographic information system (GIS), with statistical analyses, permits to identify significant groupings of rock engravings. Seriations and topo­seriations effects are highlighted. These effects are compared to chronological indexes revealed by rock engravings superimpositions. These observations are sufficiently convergent to propose a periodisation of principal engraved themes. Fringed figures, schematic anthropomorphs, seem to be the most ancient ones (period 0). Halberds, human figures and naturalistic horned figures belong to the most recent period (period 4). The others engraved themes have been realised between these terminuses.

At the scale of Western and Southern Alps, Mont Bego site is one of the first, above 1,700 m high, to be occupied seasonally as shown by the in situ discoveries of elements belonging to Cardial and Chassean (Early and Middle Neolithic). Paleoecological corings also show early signals of pastoral activities which seem certain since Recent Bell Beaker (Late Neolithic) and beginnings of Bronze Age. Despite the lack of direct connections between rock art and archaeologic material, typology of weapons representations, occupation periods of the site and comparisons chosen in other contexts, allow to propose the hypotheses of a long period of realisation of rock engravings (6th – 2th millennium BC).

 

Paris, Société préhistorique française, 2017
166 pages
ISBN : 2-913745-71-7
Prix : 30 € + 7 € (port)

 

Documents d'Archéologie Méridionale, volume 38

Au sommaire de ce numéro :
 

VARIA

  • ƒ Hommage à Georges Marchand (1951-2014).

  • ƒƒJean GUILAINE, Florence CATTIN
    Huit objets de cuivre et de bronze du piémont pyrénéen oriental : analyse croisée typologique et métallique

  • Bernard DEDET, Éric DURAND
    Sépultures et pratiques funéraires en Ardèche méridionale au Bronze final III et au premier âge du Fer

  • Sébastien PANCIN, Fabrice PONS
    Une nouvelle nécropole protohistorique à incinération dans la vallée de la Garonne : la nécropole d’Aouïdas à Saint-Martory (Haute-Garonne)

  • Virginie ROPIOT, Carmen MACHADO, Claude PÈPE
    Des fours à pierres chauffées du premier âge du Fer sur le site de Bastide Neuve III à Velaux (Bouches-du-Rhône)

  • Jean-Claude ROUX, Gilles ESCALLON
    L’éperon barré du Rocher du Causse, Claret, Hérault (VIe-Ve s. av. n. è.) : un enclos pastoral ?

  • Thierry LEJARS, Georges MARCHAND, Martine SCHWALLER
    Le casque laténien en fer d’Ensérune (Hérault)

  •  Laurent SAVARESE, Jérôme BÉNÉZET
    Observations sur les techniques de production des doliums préromains de Ruscino, (Perpignan, Pyrénées-Orientales) et leur diffusion régionale (IIIe s. et début du IIe s. av. n. è.)

 

ANNÉE DE PUBLICATION : 2016
ISBN : 2-908774-27-5
EAN : 9782908774276
ISSN : 0184-1068

Nombre de pages : 250p.

Prix : 25 €

Editeur : ADAM éditions

 

 

Hors Série n° 7 des Monographies d’Archéologie Méridionale, Vie quotidienne, tombes et symboles des sociétés protohistoriques de Méditerranée nord-occidentale

Ces deux volumes de mélanges offerts à Bernard Dedet sont destinés à honorer le travail pionnier de ce chercheur au cours de sa carrière de protohistorien. Cet ouvrage, préfacé par Jean Guilaine, professeur au Collège de France, s’organise selon quatre axes de recherche que la réflexion de Bernard Dedet a marqués par son approche pluridisciplinaire en croisant les données de l’archéologie avec celles de l’ethnographie et de l’histoire.
Les articles illustrant le thème de l’habitat et la vie domestique abordent ces sujets à travers des analyses fonctionnelles et formelles, avec une attention particulière vis-à-vis de l’architecture et des témoignages de la vie quotidienne. Dans une optique plus large, plusieurs auteurs examinent l’organisation de territoires sous l’angle de la répartition spatiale et des représentations sociales débouchant sur des approches locales du peuplement ainsi que les relations entre indigènes gaulois et colons grecs à partir de sa lecture des textes antiques.
Les pratiques funéraires, les attitudes devant la mort, les signes d’actions cultuelles et symboliques, rassemblent ici 14 articles. Ils s’intéressent à la genèse de la recherche sur les nécropoles et se concentrent sur les rites qui accompagnent la mort : traitement du corps, modalités de dépôt, architecture des sépultures et organisation des sites funéraires. Quelques contributions présentent des lieux spécialement aménagés et s’interrogent sur le sens à donner à certains dépôts, armes, têtes coupées notamment. Un article méthodologique porte sur la collecte des restes osseux sur les lieux de crémation. 
Enfin, le chapitre intitulé « faciès matériels » est consacré à la définition des identités culturelles. Il réunit 9 études qui analysent la production et les parcours de diffusion de séries d’objets (céramiques, métalliques, amphoriques), ainsi que leur production et leur signification dans leurs contextes de découverte.
Le domaine géographique de ces ouvrages couvre non seulement la Protohistoire du Sud la France, mais s’étend le long de la Méditerranée, depuis la Catalogne et la région de Murcie d’un côté, et la Ligurie de l’autre.

Hors Série n° 7 des Monographies d’Archéologie Méridionale, Vie quotidienne, tombes et symboles des sociétés protohistoriques de Méditerranée nord-occidentale, 2 volumes, 2016.
ISSN : 2111-7411
ISBN : 978-2-912369-34-5
Prix : 45 €